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La chute

Le camp de Lornar

Chapitre I


Les environs semblaient d’abord déserts. Pourtant, à mesure qu’ils progressaient, les personnages découvrirent les signes d’une présence organisée : des pierres empilées pour baliser une piste, des carcasses dépouillées avec méthode, puis des pieux noircis portant des lambeaux de tissu marqués d’un poing fermé. À plusieurs reprises, ils eurent la sensation d’être observés. Une silhouette casquée apparut sur une crête avant de se retirer ; plus loin, quelque chose de lourd suivit leur marche derrière un rideau de fumée sans jamais se montrer.

Le terrain montait vers un plateau raviné par d’anciens torrents de lave. Ils durent franchir un pont de chaînes jeté au-dessus d’une crevasse d’où montaient des murmures confus, puis contourner un bois de troncs pétrifiés dont les branches se tendaient vers eux comme des doigts. Dans la cendre fraîche apparaissaient des traces de bottes, de sabots et de roues cerclées de fer. Elles convergeaient toutes vers le nord, accompagnées parfois d’une traînée sombre laissée par quelque chose que l’on avait tiré jusqu’au camp.

Avant même de voir leur destination, ils en perçurent les signes. Une cloche grave sonna deux fois dans le lointain. Peu après, l’odeur du charbon, de la poix et de la viande brûlée se mêla au vent. Des corbeaux sans yeux tournaient en cercle au-dessus d’une hauteur rocheuse, tandis qu’une fumée noire montait derrière la crête en une colonne trop régulière pour être naturelle.

Lorsqu’ils atteignirent enfin le sommet, le camp de Lornar se révéla en contrebas. Des tentes noires de goudron encerclaient une tour fendue, dressée au centre de l’enceinte comme une dent brisée. Une palissade barrait l’accès au plateau ; des clous, des chaînes et des trophées y luisaient dans les feux des braseros. Sur les chemins de ronde, des sentinelles en armure surveillaient la lande, et des formes cornues circulaient parmi elles avec l’assurance de maîtres inspectant leur domaine.

Une route unique descendait vers la porte, bordée de cages vides et de bornes gravées de clauses en infernal. Des chariots chargés de minerai attendaient sous bonne garde, tandis que des silhouettes voûtées apportaient du bois, de l’eau sombre et des sacs de provisions en guise de tribut. Le lieu avait l’apparence d’un refuge fortifié, mais tout y parlait d’obéissance : les regards baissés, les gestes mesurés et le silence immédiat chaque fois qu’un officier passait.


Perception Check

L’épave repose sur le flanc entre les rochers, sa proue fracassée profondément enfoncée dans la grève noire. Ses mâts brisés et ses voiles déchirées pendent au-dessus du rivage comme les membres d’une créature morte. De larges brèches ouvrent les cales sur la mer, révélant des cages tordues, des tonneaux éventrés et des chaînes à demi ensevelies sous les débris. Quelques incendies couvent encore dans les ponts supérieurs, enveloppant la coque de fumées âcres et de lueurs rougeoyantes. À chaque vague, le bois gémit, les plaques de cuivre se détachent et le navire semble s’enfoncer un peu plus dans son tombeau de pierre.

Perception Check

Le paysage qui s’étendait devant vous ne ressemblait à rien de ce que vous avez connu : ni les cieux, ni les mers, ni les montagnes de Golarion ne pouvaient expliquer cette terre de cendres, ces lueurs sanglantes et cet horizon tourmenté. Une seule certitude s’imposa à vous avec un froid glacial : où que vous soyez tombés, vous n’êtes plus sur Golarion.

Perception Check

Les dernières traces de magie de téléportation sont encore gravées dans vos esprit, mais aucun sort connu ne permet de traverser des mondes, anéantir un navire volant et projeter ses passagers sur une terre étrangère. Quelque chose s’est brisé au cours du voyage, et chacun comprit avec une certitude glaciale que le sort avait terriblement mal tourné.

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Quasit
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